Samedi 5 mars.  Déjeuner au mercado du village de Torotoro :  café latté et sandwich jambon, œuf, fromage... Nous voilà regaillardis et fin prêts pour notre première excursion. On opte pour la visite du canyon! On forme un groupe avec un jeune couple bolivien afin de partager les frais d'excursion... et on part à pieds avec Victor, notre guide.

 On traverse la charmante Plaza du village sous le regard immuable d'un  Dinosaure géant veillant en poste surélevé au centre du parc, entouré d'œufs de sauriens en pleine éclosion, tandis qu'un ....  Vole parmi le feuillage et que d'autre témoins de l'ère préhistorique gardent la pause à même les dossiers de bancs disposés sur la Plaza.  À Torotoro, on est au pays de la mémoire. Les Andes y gardent traces de l'évolution dans leur chair rocailleuse.

On parcourt quelques rues constituées de petites roches accolées les unes aux autres, bordées de maisons aux murs fabriqués de briques de terre locale séchée mêlée à un peu de gravier et de paille émiettée.  C'est bien adapté au pays!

 En route, j'apprends que Victor est né à Torotoro, qu'il a suivi une formation collégiale de trois ans en tourisme à Cochabamba et qu'il est revenu vivre et travailler à Torotoro par amour de l'endroit, de la nature et surtout, de l'air pur. Il habite avec certains membres de sa famille dans une maison coloniale construite en 1952 (tiens donc!  l'année de ma naissance!) .

 Je marche comme une girouette sur le sentier de terre. Regarde devant, à gauche, à droite, marche à reculons pour  regarder derrière...  Je me laisse avaler par la vallée, le village qui s'éloigne et les majestueuses montagnes. Comment expliquer  les arcs de cercles concentriques qui font onduler une des chaînes... Victor parle de mouvement des plaques tectoniques... Ces mêmes mouvements qui ont déplacé à la verticale les empreintes de géants dinosaures herbivores et de plus petits carnivores. 

Durant près de cinq heures, notre groupe marche dans le paysage, passe le seuil de ...., , se retrouve sur l'esplanade qui permet d'observer d'en haut le canyon, poursuit son chemin jusqu'au mille marches de pierres que l'on descend prudemment (merci à Jacques de la Escuela C. Vega qui m'a prêté son bâton de marche!), pour finalement atteindre la rivière qui coule au fond du canyon. Gaétan et moi nous déchaussons pour nous rafraîchir les pieds dans l'eau vive et allons ensuite sous allonger sur des rochers à l'ombre pour refaire nos forces pendant que nos compagnons d'excursion jouent les gazelles sur les roches dispersées dans le courant clair et se rendent aux cascades un peu plus loin. 

Allongée sur le dos, je contemple le mouvement des nuages et le vol plané de trois condors. 

Au retour de Victor et des jeunes Boliviens, nous entreprenons la remontée. Souffle court et cœurs battants, nous faisons de fréquentes et brèves escales, adossés à la paroi de pierres. Doutant de jamais parvenir à atteindre le sommet de l'escalier, je me répète comme un leitmitiv : je suis une petite chèvre de montagne, tout va bien! Ça m'aide. Je mets enfin le pied sur le terrain plat, marche silencieusement jusqu'au mini restaurant à proximité. Repos bien mérité. Certains mangent, Gaétan et moi buvons. Visite aux banios (toilettes)... Nous reprenons notre marche régulière et agréable sur le tracé en boucle qui nous ramènera au village. Je m'énergise à la beauté du paysage. 

De retour à la plaza, on se fait l'accolade et se sépare. J'oublie d'indiquer mon adresse de courriel à Victor afin qu'il m'envoie quelques photos intéressantes qu'il a prises de nous. Tant pis!  D'ailleurs, pour l'instant, j'ai encore de la difficulté à partager des photos sur le blog. Au pays de la patience et de la persévérance, je prends patience. Ça viendra!