Le vendredi 4 mars, fin des cours à l'école Carmen Vegas.

Retour à la maison de Miguel et Francesca, dîner,  fin des préparatifs du sac à dos qu'on apporte avec nous et hop! taxi-truffi jusqu'à l'avenida Republica pour y prendre le minibus pour le Parc de Torotoro. 

L'autobus ne part pas avant d'être plein de passagers. Il y en a un qui part à notre arrivée... On prendra donc le suivant!

Sur place à 15 h, notre départ aura finalement lieu à 18 h. On achète nos billets de passage sur présentation de passeports. On patiente sous le ciel changeant, observe les gens et la vie autour de nous :  vendeuses itinerantes de fruits et légumes installées sur le trottoir, mécanicien réparant ou changeant l'essieu avant d'une auto stationnée à même la rue, petit garçon jouant avec un bouchon de bière ou une petite branche et riant aux éclats quand sa mère le chatouille, etc.

Vers 17:30, un taxi dépose une femme avec son bébé au sein. La femme sort, le chauffeur ouvre le coffre et les portes arrières de véhicule, en retire plrin de marchandises; la femme salue les marchandes itinerantes, remet son bébé à l'une d'entre elles, retourne chercher sa marchandise pour la déposer à proximité du bureau.

La femme force tant et si bien pour déplacer son premier sac que Gaétan et moi offrons de l'aider.  C'est tellement lourd que nous nous mettons à trois pour apporter ses trois grosses poches... de patates ainsi qu'une lourde chaudière de viande. Ça se fait dans le rire et la sueur. La femme nous remercie à plusieurs reprises, les vendeuses nous sourient, les autres passagers en attente nous regardent sans broncher.  Soudain, une autre femme, âgée, arrive avec trois grosses poches plus légères... remplies de feuilles de coca. 

Ici, en Bolivie, je suis souvent impressionnée de voir les charges que transportent les femmes indigènes... sur la rue, au marché, dans les transports en commun... Sombrero sur la tête pour se protéger du soleil et, souvent, enfant sur le dos logé dans de grands tissus de couleur noués  sur le devant du corps.

17h45. L'inscription de passagers est complète. Le chauffeur, homme corpulent, arrive, échange et rit avec certains passagers et la femme responsable de la billetterie. Il range les bagages et d'autres marchandises à l'arrière du véhicule, et le voilà qui grimpe, agile, sur le toit, enjambe le support à bagages et, aidé des passagers, y dispose serré, avec précision et dextérité, caisses, poches de patates, sacs de tous genres, boîtes de carton... Ça n'en finit plus!  Bâche de plastique bleue pour tout recouvrir et courroies de caoutchouc pour tout retenir... Ça y est, tout est en place! Le chauffeur redescend, le visage rouge et en sueur.  

Les passagers montent dans le minibus... On nous réserve à Gaétan et moi, la banquette derrière le chauffeur qui offre un peu plus d'espace pour les jambes. Privilège pour touristes ou privilège pour premiers passagers inscrits? Qu'importe, on apprécie!

On finit par partir, chargés à bloc. 

Quatre heures et demie et 135 kilomètres plus tard, on arrive à Torotoro un peu courbaturés, mais gavés de beaux paysages et de confiance en notre conducteur, un pro du  volant sur les routes de roches et de terre parfois étroites de cette région montagneuse. 

22h30, un seul hôtel ouvert dans le petit village silencieux de Torotoro (8000 habitants) : le Wilma. 

On loue une chambre avec lit double et salle de bain/douche à proximité (16 $CA/nuit). L'endroit est propre, minimaliste, avec fenêtre à volets ouvrant sur la cour intérieure. Après une bonne douche chaude, on dort comme des anges jusqu'au matin.