Je ne sais plus bien quel jour nous sommes. Ah si! c'est vrai! Le Salon du livre de l'Outaouais commençait aujourd'hui. Facebook me l'a rappelé. C'est donc le 25 de febrero et le ciel gris de Cochabamba traîne des pieds pour s'extraire de la saison des pluies. 

Gaétan et moi sommes installés en pension depuis samedi dernier à la casa de Miguel y Francisca. C'est l'immersion totale dans l'espagnol chantant du Sud... même les chiens jappent en espagnol!  D'ailleurs, certaines nuits, on dirait que tous les chiens errants de la ciudad se donnent rendez-vous dans la quartier pour nous offrir un concert digne de La VOIX. Il ne manque que le jury pour sélectionner les meilleurs de ce concours sans fin.

Ce même samedi dernier, alors qu'on résidait encore à l'hôtel, on est sortis tôt le matin pour marcher dans la ville tranquille. On a erré au gré des rues, à gauche, à droite pendant que, peu à peu, les marchandes itinérantes s'installaient pour vendre jus frais, breuvages mystères, fruits divers, empenadas et bijoux. 

À la plaza centrale entourée de bâtiments coloniaux - que se llama Plaza 14 de Septiembre - on s'est assis sur un banc pour se reposer. Avec étonnement, on a observé des groupes d'élèves en costumes traverser la plaza... Ils avaient donc de l'école  le samedi? Les pigeons s'en moquaient bien qui voletaient ici et là en quête de quelques miettes à se mettre dans le bec.

Inspirés par eux, on s'est vite retrouvés en mode radar-restaurante. Ah-Ha! Là, au coin du quadrilatère, un Café de Paris nous flash dans l'œil. Sans hésitation, nous y entrons. Et voilà que le passé se conjugue au présent pour me permettre de savourer à nouveau l'omelette à la verdura et le café con léché qu'on a commandés dans ce bistro meublé à l'ancienne avec au mur une affiche du tour de France.

Café de Paris, Impossible d'y échapper : le temps s'emmêlé et m'emmêle! me tricote et me détricote. 

Je revis et écris un peu du Samedi dernier... bondis par-dessus la semaine de marches, de cours, de repas et de rencontres, la tête un peu effilochée, la tourista pourchassée à coups d'imodium et de sachets d'hydratation, la concentration dans les talons, le désir d´apprendre scotchté aux pancartes, publicités, graffitis, bulletins de nouvelles à la télé... les temps de verbe mal accordés...  et je suis Jeudi de la noche.

Dans ma tête et sur ma langue, je pense et m'enfarge en français-inglès-y-espagnol. Je rêve en noir et blanc et en couleurs... de toilettes cassées, de fleurs et de neige... pensées disloquées, parole en panne... je me laisse pétrir l´identité et la patience un peu contre mon gré... j´aimerais  parler l´espagnol avant de l´apprendre. Vive les voyages qui forment la jeunesse!

"Cochabamba, jardin de la Bolivie grâce à son climat agréable à l'année, presque méditerranéen, est le plus grand centre commerçant du pays." Gaétan vient de me lire ce passage dans Le Routard. À moins que ce ne soit dans The Lonely Planet.

Sur ce, buenas noches! Encore une fois, la nuit l'emporte...